• Rencontre avec la solaire Céline Mas

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    1 – Céline, vous êtes impliquée depuis une quinzaine d’années pour les droits des femmes. Pourquoi un tel engagement ?

    Très jeune, j’ai assisté à des scènes sexistes et j’en ai subi. Comme l’immense majorité des femmes dans le monde au demeurant. Vous savez cette manière de faire sentir aux femmes qu’elles doivent tenir une certaine place – façonnée par d’autres, souvent des hommes –  et s’y cantonner. Ça a heurté mon sens de la liberté ; j’étais indignée.

    L’indignation est un bon moteur, quand elle cherche à construire du neuf.

    Mon engagement n’est pas fondé sur une revanche, une amertume mais nourri par la soif de justice et de dignité. Contribuer à des initiatives qui cherchent à faire société commune, femmes et hommes, via un contrat social garantissant l’égalité pour les unes sans contredire ou limiter l’égalité des autres.

    2 –  Vous êtes associée d’Occurrence, un cabinet d’études et de conseil, mais aussi depuis le 13 juin dernier la nouvelle Présidente de ONU Femmes France. Où et comment trouvez-vous l’énergie et le temps pour exercer ces 2 missions ?

    Vous savez, il y a une période passée où j’avais beaucoup plus d’activités ! Je tournoyais plus que je ne me concentrais. En vérité, cette exploration fut indispensable. On a parfois besoin d’ouvrir des centaines de portes pour enfin entrer dans ce qui ressemble à sa place. Devenir soi-même, comprendre ce que l’on désire, ce n’est pas du copier-coller. Ça demande une indépendance de jugement et du temps pour la forger.

    Aujourd’hui, je partage ma vie avec conviction entre trois activités principales, dont la Présidence d’ONU Femmes France, mission bénévole. Nous représentons en France depuis 5 ans l’agence onusienne dont le siège est à New-York. Nous développons des actions de plaidoyer et des levées de fonds pour des programmes de terrain pour les femmes dans une centaine de pays du monde.

    Tous les jours, je fais des choix d’organisation pour favoriser ces activités, et des sacrifices aussi. Il y a toujours des sacrifices à faire pour se donner à un projet. Mon entourage me soutient et ça me donne l’entrain nécessaire. Je laisse aussi place à ce qui n’est programmé mais sans m’y perdre. 

    Rester rivée sur ce que je veux vraiment, mon essentiel. C’est ma philosophie de vie.

    3 – D’après vous, quelles sont les frontières que les femmes doivent repousser pour vivre leurs ambitions ?

    Beaucoup de frontières encore. Elles sont liées à l’endroit où vous êtes née, au lieu où vous vivez. Si vous êtes en terrain de guerre ou de crise humanitaire, vous avez de fortes chances d’être torturée, violée, au-delà des épreuves terribles touchant votre santé, les membres de votre famille, votre capacité à vous nourrir. L’année dernière, ONU Femmes est intervenu auprès de 121 000 femmes et filles dans 31 pays en situation d’urgence. Il faut continuer et amplifier l’accès à ces aides. Ces situations spécifiques cohabitent avec une constante : sur tous les continents et pour l’ensemble des thèmes économiques, sociaux, politiques, environnementaux, le retard est considérable en matière d’égalité et de droits des femmes. L’accélération est impérative.  

    La culture et l’évolution des mentalités sont décisifs pour rendre les changements réels on le sait. Aucun changement structurel ne peut être achevé sans la participation consciente, voire proactive, des citoyens.

    Dans ce contexte, les femmes ont deux autres frontières majeures à dépasser : la culpabilisation, que le machisme et la culture, font peser sur elles. Non, elles ne sont jamais responsables, encore moins coupables, de comportements sexistes, violences ou discriminations à leur encontre ! En ce sens, le mouvement #MeToo a libéré leur parole. Des hommes ont également exprimé leur soutien et leur envie que ce monde change. Au sein d’ONU Femmes, le mouvement HeForShe que nous portons s’inscrit dans cette dynamique : femmes et hommes, ensemble, pour l’égalité afin d’y arriver plus vite et plus massivement. La deuxième frontière est celle de la confiance en soi, pas comme sentiment de toute-puissance. Simplement croire en ses capacités et être consciente de ses limites. Les femmes ont été trop souvent reléguées aux seconds rôles, ça n’a pas aidé. A chaque fois qu’une femme se bride, se diminue, s’enferme dans un schéma pré construit pour elle sans avoir essayé d’aller à contre-courant, elle coupe dans ses vivres. Au bout de dix ans, elle aura amputé son existence de beaucoup de possibilités.

    Choisir, décider, avancer en toute autonomie, malgré les peurs et les doutes qui font toujours partie de la vie, ça doit redevenir possible pour toutes les femmes.

    4 – Dans 10 ans, comment voyez-vous la place des femmes dans la société? Comment aura-t-elle évolué ?

    Je suis optimiste donc j’ai tendance à croire que le sujet sera encore plus haut dans l’agenda des gouvernements, que des lois nouvelles ou rénovées auront permis de mieux définir et sanctionner les cas de harcèlement, les violences, le sexisme ordinaire. Il y également des sujets de prospectivepassionnants liés au développement durable, dont les responsables politiques et les leaders de la société civile peuvent se saisir. Les études montrent que prendre en compte le genre dans les politiques de développement, de gestion durable des forêts, de l’eau, des énergies renouvelables, renforce l’impact et accroit les bénéfices socio-économiques de ces politiques. L’atteinte des 17 objectifs mondiaux de développement durable (ODD) des Nations Unies ne sera complète que s’ils bénéficient autant aufemmes qu’aux hommes. Un monde meilleur où la moitié de l’humanité est laissée de côté est un non-sens absolu.

    Je crois aussi à l’évolution des mentalités, avec l’arrivée notamment de jeunes générations, femmes et hommes, pour qui le sexisme est hors de propos.

    En revanche, optimisme n’est pas naïveté : il ne faudra jamais cesser d’être attentif et combatifL’activisme est une nécessité. Les droits des femmes sont un espace aux murs mobiles : chaque fois que vous cédez du terrain, il se contracteles murs se rapprochent, vous perdez des droitsPar ailleurs, pour un changement massif, dix ans, c’est court. Le WEF estimait en novembre dernier qu’il faudra plus de 200 ans pour qu’enfin, l’égalité soit une réalité partagée. Un immense travail est devant nous.

    5 – Quel regard portez-vous sur les femmes dans la finance? Aviez-vous déjà entendu parler de Financi’Elles?

     Un regard plein de curiosité. Je ne connais pas bien ce monde de l’intérieur mais ce que j’en perçois, c’est que ce fut une sphère codifiée et fief masculin pendant des siècles. Le chiffre et la gestion financière sont un apanage masculin historiquement. Rappelons qu’il a fallu attendre en France 1965 pour qu’une femme soit autorisée à ouvrir un compte en banque et à travailler sans l’autorisation de son mari.

    La percée des femmes dans ce secteur a dû être et doit être encore une conquête, quelle que soit l’intensité qu’on projette dans le mot. Il y a sans doute encore beaucoup de pédagogie à avoir pour raconter les différents métiers et montrer qu’ils sont accessibles aux femmes ! Des parcours comme Christine Lagarde au FMI sont des role models importants ; il en faut aussi à tous les échelons car chaque femme a des ambitions qui lui sont propres et c’est respectable.

    Rastignac est définitivement ringard ! Vive les femmes puissantes du 21ème siècle dont l’ambition est avant tout leur choix, libre et épanoui ! Au sommet des responsabilités et des objectifs qu’elles se fixent, en maitrise de leurs destins.

    Quant à Financi’elles, vous êtes connu(e)s et reconnu(e)s pour être une fédération inédite de réseaude femmes leaders dans la finance et l’assurance. Vous partagez des bonnes pratiques, des données autour de la mixité et prodiguez de l’accompagnement pour des femmes du secteur. Voilà ce que j’en sais spontanément. Et je suis certaine que vous gagneriez à être encore mieux connues : comment vous rejoindre, quelles sont toutes vos prérogatives, que cherchez-vous à faire etc…A vous !

     Propos recueillis en Août 2018 par Ariane Bénard Mechler, membre du Comex et du Comité Communication de Financi’Elles
    Contacts Comité Communication Financi’Elles (par ordre alphabétique)/ Ariane Bénard Mechler/Corinne Couteau/Florence Hovsepian/Christine Laroulandie/Valérie Leselbaum Stepler/Anne Sylvie Piot
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  • en direct des réseaux !

    Enquête Eté 2018 Financi’Elles sur les Femmes et l’Ambition

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    femmes et ambitionsDu 12 au 27 juin 2018, et dans le cadre de l’événement Women For Future organisé avec la Tribune, Financi’Elles a interrogé l’ensemble des membres de ses réseaux, via une étude en ligne autour des femmes et de l’ambition. Les réseaux se sont mobilisés et près de 500 membres – parmi lesquels 10% d’hommes – ont répondu à cette étude.
    Voici ce qui se dégage des résultats :

    On sent les femmes volontaires, car près de 81% des interrogé(e)s déclarent que les femmes sont aujourd’hui ambitieuses. Les femmes se sentent bridées dans leurs intentions. Seul(e)s 7% trouvent les femmes très ambitieuses aujourd’hui et 53% pensent que la situation ne s’est pas améliorée au cours des deux dernières années. Les facteurs sont nombreux et puissants : pour 77% des interrogé(e)s, c’est l’équilibre vie pro / vie perso qui est en jeu. Pour 2/3 d’entre eux / elles, il y a également beaucoup d’auto-censure. On évoque aussi le manque de confiance (61%) et le manque d’équité au moment du traitement des promotions (51%).
    La majorité (60%) pense en outre que les femmes ambitieuses sont perçues comme carriéristes, un terme aujourd’hui encore perçu comme très péjoratif. On pense tout de suite à des expressions comme « elle a les dents longues » alors que des adjectifs plus positifs tels que dynamiques ou inspirantes avaient été proposés.

    femme et ambition
    Selon les interrogé(e)s, il faudrait donc agir sur plusieurs leviers complémentaires, tout au long de la vie et aller au-delà du monde professionnel, afin d’aborder les notions d’enseignement et d’équilibre vie professionnelle / vie personnelle des femmes : 70% pensent en effet que la solution serait l’équilibre vie pro / vie perso, 67% citent un dispositif d’accompagnement (ex : mentoring, conférences, ateliers…) et 59% pensent qu’il faut développer la prise de confiance en soi dès le plus jeune âge, via des modules tout au long de la scolarité.

    En bref, la route reste encore longue à parcourir, même si l’on voit émerger des solutions et des initiatives encourageantes.

    Etude pilotée par le Comité Communication de Financi’Elles (par ordre alphabétique) – Ariane Bénard Mechler/Corinne Couteau/Florence Hovsepian/Christine Laroulandie/Valérie Leselbaum Stepler/Anne Sylvie Piot

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  • Interview de Sylvaine Emery, HUMANIS EQUILIBRES, réseau d’Humanis

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    Sylvaine EmerySylvaine, pouvez-vous en quelques mots revenir sur la création du réseau chez Humanis ?

    Une première tentative de création de réseau, initiée il y a quelques années, n’avait pas abouti par manque de méthode : le management n’avait pas été assez associé à la réflexion, donc la démarche n’a pas vraiment pu se concrétiser. C’est ce constat d’échec initial qui a enclenché une nouvelle vague de réflexions. C’est à la faveur d’un contact entre notre Directeur Général et Anne Guillaumat  de Blignières, l’une des fondatrices de Financi’Elles, que la décision a été prise d’y adhérer. Dès lors, le projet de réseau redevenait d’actualité.

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  • Déjeuner des Présidentes de Financi’Elles chez Euler Hermes NEO

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    Le 15 juin, le réseau Euler Hermes NEO a accueilli le déjeuner des Présidentes de Financi’Elles au siège du groupe situé dans la Tour First à La Défense. Euler Hermes NEO a rejoint Financi’Elles l’année dernière et étaient donc à l’ordre du jour de ce déjeuner une présentation du réseau NEO et un retour d’expérience sur l’adhésion récente. Des membres du comité exécutif de NEO étaient présents pour présenter les principales initiatives du réseau, et notamment les cercles de mentoring ou mentoring collectif, qui sont mis en place par NEO depuis plusieurs années. NEO a également la particularité de s’être ouvert aux hommes depuis l’année dernière et Nabil Khabir qui a récemment adhéré à NEO a également partagé son expérience d’homme dans un réseau mixité.

    Les participant-e-s à ce déjeuner étaient : Agnès Tran-PommelAnne-Sylvie Piot,  Lucile Gubler,  Priscilla Cournede, Valérie Vitter-Mouradian, Véronique Rogan, Stéphanie Passet, Jennifer Baert , Mélanie Sohet, Romina Fourreau,  Ana Boata, Charlotte Solaux, Nabil Khabir .

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    Rencontre avec Frédérique Cintrat, la sympathique auteure de « Comment vient l’ambition? »

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    FCintratLFrédérique, vous venez de mettre à jour votre livre » Comment vient l’ambition ? ». Pourquoi cette thématique et la nécessité d’une actualisation ? 

    Le sujet de l’ambition, au sens envie d’avoir des projets, de les réaliser et de progresser, ne m’a en fait jamais quitté. Déjà en classe préparatoire HEC, une discussion assez vive avec un camarade de classe qui me disait « vous les filles, vous n’avez rien à faire ici, en plus vous nous prenez les places au concours », m’avait poussée, entre autres,  à écrire à un appel à témoins pour un débat télévisé sur le thème « Comment l’ambition vient aux filles ? Résultat :  à tout juste 17 ans, j’allais représenter la jeune génération aux côtés de femmes d’exception : Françoise Giroud et Elisabeth Badinter.

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  • Financi’Elles signataire de la Charte d’engagement du Collectif « Ensemble contre le sexisme »

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    Dans la continuité de la campagne « Sexisme pas notre genre« , un collectif composé d’associations, de réseaux de femmes et d’hommes d’entreprises engagé·e·s pour la mixité et d’expert·e·s de la question de l’égalité ont décidé de se mobiliser pour lutter contre le sexisme sous toutes ses formes et dans tous les secteurs. Cet engagement est matérialisé par une charte dont Financi’Elles est signataire.

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