Financi'Elles » 19 septembre 2018

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Rencontre avec Tadja AL MIKDAD, une femme aux multiples casquettes

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1 – Comment vous définiriez-vous en quelques lignes?

 J’ai eu un parcours atypique. Bachelière très jeune, j’ai étudié en Algérie et au Burkina Faso avant de finir mes études en France, en Sciences Economiques et en Gestion. J’ai travaillé durant 7 ans en tant que consultante en informatique avant d’intégrer BNP Paribas en 2009. Les expériences particulières tant personnelles que professionnelles que j’ai vécues m’ont permis d’avoir une ouverture d’esprit et ont développé une capacité d’adaptation.

2 – Vous avez été lauréate de la Fondation Cetelem  « Eduquer pour entreprendre » en 1998. Il semblerait que la transmission de connaissances soit dans votre ADN. Pourquoi d’après vous?

Durant mes études, j’avais déposé un dossier de bourse d’études exceptionnelles auprès de la Fondation Cetelem, avec l’ambition d’ouvrir une crèche pour enfants handicapés au Niger, afin de leur donner les moyens d’évoluer dans un milieu serein et apprenant. Je rêvais déjà à l’époque de transmission de connaissances vers des personnes vulnérables. Mon dossier avait été retenu, mais malheureusement, ce projet n’a pas vu le jour. Je ne désespère pas, il n’est jamais trop tard. 

3 – Quelle est votre définition de l’entrepreneuriat et comment en êtes-vous arrivée là? Pensez-vous que les femmes et les hommes aient une approche différente de l’entrepreneuriat?

 Pour moi, l’entrepreneuriat est la liberté de vivre une aventure qui nous ressemble. Inspirée par ma mère qui est entrepreneure également, ce projet est né à la suite d’une expérience professionnelle qui m’a permis de comprendre que pour réaliser ses rêves et atteindre ses objectifs, il fallait vraiment y croire et s’en donner les moyens. L’approche que j’ai eu dans cette expérience n’est probablement pas différente de celle que pourrait avoir un homme et les difficultés rencontrées sont ou seront probablement les mêmes. Avec  mes associés dont mon mari et une amie, nous avions décidé de nous lancer dans cette belle histoire avec comme difficulté majeure, le fait de travailler la semaine et d’entreprendre le soir et le week-end. Fatiguant mais stimulant assurément !

 4 – Parlez nous en quelques lignes de votre dernier bébé : Connect Parc.  Comment arrivez-vous à concilier votre vie de collaboratrice dans un grand groupe bancaire, votre vie d’entrepreneure et votre vie privée?

 connectparcConnect Parc est un lieu d’interpellation à l’apprentissage dont l’objectif premier est de préparer les enfants aux métiers de demain. 

Notre programme s’appuie sur des techniques issues des méthodes de gestion de projets collaboratives et de stimulation de la créativité et de l’innovation, telles que le design thinking et le Lean startup 
Au travers d’ateliers ludiques et expérientiels, les enfants découvrent les bases de la programmation et apprennent à créer leurs propres histoires et jeux interactifs. Ils programment des robots et sortent du cadre. 

Au sein de BNP Paribas, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont challengée.  En outre, en charge de l’innovation pour l’une des fonctions du Groupe BNP Paribas, j’ai pu rencontrer des jeunes entrepreneurs inspirants. 

Mon mari étant l’un de mes associés et nos enfants étant inscrits aux ateliers, ceci me permet de concilier ma vie d’entrepreneure et ma vie privée. Après un an, je me rends compte que cette aventure n’aurait pas été aussi intense si ma famille n’en faisait pas partie. Le fait de travailler en semaine ne facilite pas les choses puisque nous nous consacrons à notre projet le soir et les week-ends. Cependant, nous sommes 3 associés à nous soutenir mutuellement. Certes les journées sont longues mais elles sont aussi tellement passionnantes ! 

5 – Selon vous, c’est quoi l’ambition au féminin? Auriez-vous des conseils à donner à nos adhérentes?

 Ma mère étant entrepreneure, je l’ai prise comme modèle et comme un moteur pour réussir ce projet – et aussi la rendre fière de moi –. Je ne sais pas si on doit parler d’ambition au féminin car je n’aime pas vraiment cette différenciation. Il est vrai qu’en tant que femmes, il arrive parfois que nous sous-estimons nos capacités à entreprendre, mais j’imagine que certains hommes le font aussi. 
Actuellement, l’entrepreneuriat féminin est encouragé et il y a quelques incubateurs qui sont dédiés aux femmes et favorisent la mixité dans la Technologie, à l’instar de ConnectHers de BNP Paribas ou Willa (anciennement Paris Pionnières), ce qui permet de mettre en avant les initiatives des femmes et de bien les accompagner. 

 Je n’aurais pas la prétention de donner des conseils parce que j’ai encore beaucoup à apprendre, je constate juste que dans le monde des fintechs et de la technologie, il y a plus d’hommes que de femmes entrepreneurs. Aussi, je me permettrai de rappeler qu’en 1843 la première personne qui a écrit un code informatique était une femme « Ada Lovelace » et qu’à ce titre, je dirai à celles qui hésitent : Mesdames, osez sortir du rang, vous ne le regretterez pas!

Retour d’expérience d’une cliente de Connect Parc et membre du Comex de Financielles, Ludivine LABARRE

Ludivine LabarreCela fait maintenant un an que je connais Tadja Al Mikdad puisque mon fils de 7 ans participe à l’un des cours hebdomadaire de Connect Parc. J’avais entendu parler d’une initiation au code pour les enfants dans mon quartier à la rentrée 2017 et j’ai trouvé l’approche très séduisante et complémentaire des enseignements scolaires. La séance d’essai achevée, sa motivation était déjà bien réelle, boostée par l’opportunité de pouvoir utiliser des robots tout format et de comprendre comment fonctionne un ordinateur ! Les séances consistaient par exemple à élaborer des circuits (suites logiques gauche / droite et jeux de lumière) pour guider des robots et à construire des animations avec des algorithmes simples.

Je suis très admirative du lancement de cette initiative par Tadja et ses associés parce que c’est une opportunité offerte aux enfants de façon ludique de « décoder » les technologies de demain et de susciter des interrogations sur les usages actuels des appareils connectés qui nous entourent. D’ailleurs, on voit de plus en plus d’initiations au code fleurir à Paris et en province. Mais ici, combiner activité professionnelle et lancement d’une start up est une belle performance d’autant que l’on perçoit le souhait permanent de se réinventer. Bonne humeur, découverte et bienveillance résument assez bien l’expérience de cette première année. Nul doute que nous allons vite retrouver le chemin du Connect Parc dans quelques semaines !

Propos recueillis par Ariane Bénard Mechler pour Financi’Elles et l’Association BNP Paribas MixCity

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