Ne pas confondre fintech et fitness!

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des convictions et des idées
His lifestyle is geared towards longevity

 

Une récente enquête Deloitte révèle que 4% seulement des Français.es savent ce qu’est la fintech… Et qu’ils sont tout autant à confondre « fintech » et « fitness ».

Au-delà du sourire (peut-être un peu jaune) que suscite cette curieuse association paronomatique, l’étude est révélatrice d’un besoin urgent de développer la culture de la finance d’avenir pour la rendre plus appropriable par les client.es, les entrepreneur.es et l’ensemble du tissu économique et social nécessairement appelé à être impacté, sinon partie prenante, des transformations majeures du secteur.

Toutes et tous des « Monsieur et Madame Jourdain » de la Fintech? 

notoriete fintech83% des Français.es ne savent pas ce qu’est une Fintech. 13% en ont « une vague idée » et seulement 4% « voient à peu près » de quoi il s’agit.

Pourtant, à l’instar du Jourdain de Molière faisant de la prose sans le savoir, ils et elles sont plutôt nombreux.ses à connaître et éventuellement utiliser des services financiers mettant en oeuvre les technologies actuelles de l’information et de la communication. 67% connaissent les comparateurs de prix en ligne et 26% en font usage. 57% ont entendu parler de services de santé connectée (soit 14 points de plus qu’il y a un an), mais seulement 7% y ont recours. 47% sont au courant de l’existence de plateformes de financement participatif et ils sont 15% à les fréquenter (c’est d’ailleurs là le service fintech qui connait la plus forte croissance d’usage au cours de l’année écoulée).

Les services financiers connectés les moins connus et les moins pratiqués sont l’agrégation de contrats d’assurance et l’assurance peer 2 peer.

 

Un marché à très haut potentiel

Fintech label. Fintech, lending, payment, banking service Tag cloudLa bonne nouvelle, c’est que quand on explique aux Français.es ce qu’est la Fintech et ce qu’elle recouvre de services innovants, ils et elles se montrent particulièrement réceptif.ves.

64% par exemple se disent interessé.es par des services d’assurance habitation connectée. Quand on sait qu’ils et elles ne sont que 5% à en avoir l’usage aujourd’hui, il est indiscutable qu’on a là un marché à très haut potentiel qui ne demande qu’à se développer.

Même écart entre l’attractivité de l’assurance peer 2 peer (64% de personnes intéressées) et sa pratique actuelle (3%).

Robot Trading System And Piggy BankLe cabinet Deloitte dresse ainsi le panorama des fintech à potentiel, sur la base d’un indice agrégeant taux de notoriété/taux d’usage et taux d’aspiration à l’usage. Sans surprise, les comparateurs sortent gagnants, portés par leur ancienneté sur le marché et un état des mentalités laissant encore majoritairement à la tech financière une fonction d’information et d’aide à la décision. Plus stimulant pour les entrepreneur.es de la fintech est le haut potentiel de l’insurtech habitation et auto, répondant à des besoins assurantiels ancrés (notamment du fait d’obligations légales) et n’ayant encore que très peu d’usagers (5% dans les cas).

Les marchés émergents ne sont pas à négliger non plus : les « robot advisors »  (essentiellement en charge de la gestion dynamique et automatisée de l’épargne individuelle) et l’insurance  P2P (qui intéresse notamment les acteurs de l’économie collaborative et du social business) pourraient avoir de très beaux jours devant eux.

 

Pour des actions pertinentes et ciblées en faveur de la valorisation des fintechs

L’étude Deloitte sur les Français.es et la fintech apporte des indications utiles à l’identification des freins et leviers pour le développement de ces marchés.

Rassurer et convaincre les réfractaires

Online shopping - seniorsElle cerne la sociologie des populations réfractaires (14% des sondé.es) : une majorité de femmes (58%), de provinciaux et provinciales (85%), de seniors (48% de plus de 50 ans), de personnes peu diplômées (63% de niveau bac ou inférieur) ne voient pas l’intérêt des fintechs ou résistent à l’idée de les utiliser. Pour 93% de ces réfractaires, les services de la fintech sont inutiles et pour la moitié d’entre elles/eux, ils sont incompréhensibles. 43% se rend en agence pour effectuer une opération aussi simple qu’un virement.

Pour conquérir ces réticent.es, le secteur aura sans doute à missionner les collaborateurs et collaboratrices au contact direct de la clientèle sur des actions d’information et de pédagogie de la fintech et de l’insurtech, quitte à renforcer les services dédiés d’accompagnement personnalisé à la transition.

 

Fidéliser les convaincu.es

portrait robot fintechA l’opposé du spectre, on identifie une clientèle convaincue et enthousiaste composée majoritairement d’hommes, de la GenY et de la GenX, urbains, ayant un niveau élevé de formation et portant globalement de l’intérêt aux questions économiques et financières. 9 sur 10 sont séduits par les innovations et presqu’autant recourt aux services de la fintech au motif que cela simplifie et accélère leurs démarches bancaires et/ou assurantielles (opérations courantes – consultation de solde, virement, déclaration en ligne… – comme décisions financières plus engageantes – sollicitation de financement, souscription d’assurance, placements et arbitrages…).

Face à cette cible, qui représente 44% du panel, l’enjeu pour le secteur est de garder un temps d’avance pour fidéliser une clientèle assumant sa volatilité (exprimant notamment pour 1/5è qu’elle n’a pas d’hésitation à changer d’opérateur si elle trouve mieux ailleurs et que les nouvelles technologies sont là aussi pour faciliter son désengagement en cas d’insatisfaction) et plus généralement de faire des fintechs l’instrument de relations de qualité avec leur banquier.e ou leur assureur.e. En creux, on lit une demande de débarrasser le dialogue client-banque/assurance de tout ce qui a trait à de la gestion courante et à l’exécution des contrats souscrits pour approfondir un échange personnalisé sur les grands projets de vie.

 

 

Marie Donzel, pour le blog Financi’Elles

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