L’autonomie financière : un facteur avéré de bien-être et de santé des femmes !

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L’adage est connu : « l’argent ne fait pas le bonheur ». Mais les soucis d’argent peuvent rendre particulièrement anxieux, voire franchement malheureux… Et porter atteinte, évidemment, au bien-être général des individus.

Une grande étude Merrill Lynch/Age Wave, parue en 2018, complétant les conclusions d’une étude de Columbia de 2016, s’est intéressée aux effets des écarts de rémunération et de richesse sur le moral et la santé des femmes.

 

Malgré une augmentation considérable du niveau de revenus des femmes…

Capture d’écran 2018-12-05 à 10.40.54Le niveau global de revenus perçus en propre par les femmes aux États-Unis a été multiplié par 15 au cours des 50 dernières années.

C’est le fait, disent Lorna Sabbia et Maddy Dychtwald, autrices de l’étude Merril Lych/Age Wave de la généralisation de leur participation à la population active d’une part et de l’élévation de leur niveau d’étude d’autre part (elles représentent aujourd’hui 57% des diplômé·e·s du supérieur).

 

… La permanence d’une relation anxieuse à l’argent

fancycrave-520445-unsplashMalgré cette formidable montée en autonomie financière, l’anxiété des femmes dans le rapport à l’argent persiste. En témoigne cette impressionnante donnée : 61% des femmes préfèrent encore parler de leur propre mort que d’aborder les sujets d’argent !

Moins dramatique, en apparence, est le fait que pour 77% des femmes interrogées par les équipes de Merril Lynch, l’argent qu’elles gagnent doit d’abord pourvoir aux besoins de la famille, et tout particulièrement de leurs enfants. Avec la crainte en sourdine de ne pas être à la hauteur de ce point de vue, comme si dans le spectre de la « mauvaise mère », venir à manquer d’argent venait s’ajouter à la culpabilité de manquer de temps, de bâcler les tâches domestiques, de ne pas être assez présente ou attentive à leurs enfants, de perdre le sens des priorités dans la gestion de la charge mentale. Complexe de superwoman quand tu nous tiens !

41% des femmes expriment le regret de voir leur argent filer dans le panier des nécessités de la consommation quotidienne et de n’avoir du coup suffisamment de « mou » dans leur budget pour se constituer un patrimoine, alors qu’elles sont 77% à s’inquiéter d’une précarisation en cas d’accident de la vie, de séparation et à l’heure de la retraite. Ceci expliquant sans doute que ce soit les générations les plus avancées en âge qui se préoccupent le plus d’épargner. Quand elles envisagent d’investir, elles sont 65% (contre 41% des hommes) à tenir à ce que leur mise servent à des causes socialement impactantes.

 

Le manque-à-gagner financier des femmes : objet de stress maladif, mais aussi cause de dégradations plus directes de leur santé

bianca-jordan-603195-unsplashCertes les femmes ont une espérance de vie plus longue, rappelle l’étude Merril Lynch/Age Wave (81% des centenaires sont des femmes !) mais dès la trentaine, elles sont 30% à indiquer comme source de stress la peur de vieillir pauvre.

D’autant qu’ayant tendance à être sous-assurées par rapport aux hommes (comme l’objective le rapport SheForShield conduit par AXA pour la Banque mondiale), elles n’ignorent pas qu’à l’échelle d’une vie leur santé représentera un surcoût : l’étude de Lorna Sabbia et Maddy Dychtwald révèle qu’elles auront à assumer des frais de santé de 39% supérieures à ceux des hommes (Alors même que les écarts de revenus cumulés tout au long d’une carrière marquée par les inégalités leur coûterait un manque-à-gagner de $1,055,000). Bien entendu, les données varient d’un pays à l’autre en fonction des systèmes de Sécurité sociale et des règlementations en matière de complémentaire santé obligatoire, sachant toutefois que même dans les contrées avancées en matière d’Etat-Providence et de prise en charge par les entreprises d’une part de l’Assurance maladie et de la prévoyance, les femmes restent moins bien couvertes au global que les hommes.

L’étude de Columbia parue en 2016 va plus loin en accusant les écarts de rémunération et de richesse de porter non seulement atteinte à la santé psychique des femmes (une corrélation entre risques psycho-sociaux et inégalités salariales étant établie par les auteurs du rapport, faisant l’hypothèse qu’entre angoisse de ne pas joindre les deux bouts et perte d’estime de soi liée au sentiment de sous-reconnaissance de leur valeur, les femmes seraient plus sujettes que les hommes aux affections du spectre de la dépression) mais de contribuer aussi à un déficit de recours aux soins courants, quand on laisse un rhume dégénérer en pneumopathie pour éviter un arrêt de travail, quand il faut arbitrer entre rendez-vous chez le dentiste et une réunion stratégique ou renoncer à changer de lunettes pour faire des économies.

 

Motif d’optimisme : une conscientisation croissante qu’autonomie financière et empowerment global vont de pair

andre-francois-556751-unsplashMalgré ces données alarmantes sur les effets des écarts de rémunération et de richesse sur la santé des femmes, il y a matière à optimisme : 84% des femmes affirment que l’argent est la première des clés de leur autonomie. Non seulement dans le périmètre de la vie familiale mais aussi dans la relation à l’employeur : plus elles gagnent, plus elles se sentent autorisées à négocier d’autres éléments de valorisation : promotion, évolution de statuts, autonomie dans la réalisation de leurs missions et flexibilité de leurs horaires, prise de responsabilités

Malgré cette conscientisation que l’empowerment financier va de pair avec l’empowerment général, 45% des femmes sondées ne souhaitent pas être reconnues comme un rôle-modèle en raison de leurs capacités à s’enrichir ! Il y a encore du travail pour faire tomber les stéréotypes scabreux qui empêchent les femmes de se libérer totalement d’une relation complexe, pour ne pas dire conflictuelle, à l’argent.

 

 

Marie Donzel, pour le blog Financi’Elles

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