C’est parti pour la campagne « Sexisme, pas notre genre »

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la mixité en action
(c) GEOFFROY VAN DER HASSELT. AFP

 

Posant le constat que le sexisme persiste à constituer le premier obstacle à l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, le Ministère des Familles, de l’enfance et des droits des femmes a lancé, le 8 septembre 2016, un grand plan de mobilisation contre le sexisme.

La rédaction du blog Financi’Elles vous livre les principaux éléments à retenir de cette campagne.

 

Pourquoi un grand plan anti-sexiste en 2016 ?

Rendre visible le sexisme caché

sexismeLe plan gouvernemental entend avant tout re-conscientiser la population sur le sexisme ambiant, qui ne doit plus être considéré comme une banalité ni une fatalité. Il s’agit en particulier de « rendre visible le sexisme caché ».

Mais qu’est-ce que le « sexisme caché » ? C’est celui dont on ne parle pas, que l’on croit anodin (allez, une parole déplacée, ce n’est pas si grave !) voire « convivial » (une petite blague misogyne, ça détend l’atmosphère !) ou que l’on requalifie en « événement isolé, quoique malheureux ».

C’est aussi le sexisme que l’on renvoie à notre « culture » (quand « le goût des femmes » est encore trop souvent assimilé à celui des bons vins ou des jolies montres, chez les « bons vivants ») ou à l’inverse à la nature (au travers de stéréotypes essentialistes). C’est encore celui dont on dit, tenté.es de baisser les bras, que de toute façon, seul le temps long (très long) nous débarrassera (peut-être).

Autant d’idées, prégnantes dans les mentalités, qui causent de réels torts aux personnes, faussent les relations et immobilisent la société.

 

Donner plus de visibilité aux actions des actrices et acteurs de l’égalité

Aux origines de la campagne, il y a aussi la volonté de remettre en lumière celles et ceux qui agissent contre le sexisme, au quotidien. Insuffisamment entendu.es et pas toujours considéré.es comme elles et ils le mériteraient, ces militant.es associatif.ves, entre autres personnes et institutions engagées, doivent pouvoir mieux faire connaître leur expertise et leurs actions pour l’égalité.

Il y va, pour la société, de ne pas se priver de la connaissance et de l’expérience de celles et ceux qui, sur le terrain, oeuvrent à changer la donne en mettant en place de bonnes pratiques et en lançant des initiatives porteuses pour le changement.

 

 

Comment le plan anti-sexiste va-t-il être décliné ?

Une grande enquête sur les perceptions du sexisme

etude-mddf-2Pour outiller de données fiables et récentes les réflexions et actions, le gouvernement a procédé à une grande enquête sur les perceptions du sexisme. Les résultats de cette étude, présentés lors de la conférence de presse du 8 septembre, révèlent une conscience aiguë de la persistance du sexisme dans la population française et une volonté générale de le combattre, mais une insuffisante appropriation par chacun.e des moyens d’agir pour soi comme pour l’intérêt général.

L’étude porte particulièrement l’accent sur le ressenti de la jeune génération de femmes. Les 15-20 ans sont plus nombreuses que leurs aînées à se dire confrontées à des paroles ou actes sexistes. Vraisemblablement plus alertées et en meilleure capacité d’identifier le caractère sexiste des formes d’agressivité qu’elles subissent, les jeunes femmes dénoncent un fait jusqu’ici assez tabou : les inégalités de genre en milieu scolaire.

etude-mddf-1Le rapport montre aussi un phénomène massif d’évitement et d’autocensure : pour échapper au sexisme, les femmes de tout âge sont amenées à modifier leur comportement (notamment en adaptant leur tenue vestimentaire ou en s’excluant de la fréquentation de certains lieux de l’espace public).

 

Une plateforme participative

logo_sexisme-300x256La plateforme Sexisme, pas notre genre sera le point de ralliement de toutes les personnes et organisations mobilisées par le plan et de tou.tes les citoyen.nes en demande d’information, de participation et d’échanges.

Elle permet d’accéder à des témoignages, des supports didactiques, des boîtes à outils, des contenus éclairants sur toutes les dimensions du sexisme.

 

Un concours d’idées innovantes

hires-copie-2Interactive et communautaire, cette plateforme sera aussi un incubateur et un propulseur d’idées et de projets pour lutter contre le sexisme et faire progresser l’égalité réelle.

Un grand concours d’initiatives, ouvert à toutes et tous (particuliers, associations, entreprises…) permettra à des actions ponctuelles, des événements ou des projets au long cours d’émerger et de monter en visibilité.

Les plus pertinents pourront bénéficier d’une labellisation.

 

Avec qui le plan sera-t-il déployé ? 

Des marraines et parrains

Des personnalités populaires sont ambassadeurs et ambassadrices de la campagne. Issu.es du monde culturel, politique, économique et sportif, ces « rôles modèles » relaieront auprès du grand public, notamment lors de leurs passages dans les médias, les thèmes de la mobilisation.

Elles et ils pourront également soutenir plus particulièrement des initiatives labellisées, en participant à des événements et en leur donnant de l’audience.

 

Des associations

Les associations comptent également parmi les partenaires privilégiés du plan.

A la fois expertes de l’égalité et actrices de terrain, elles seront encouragées à la mise en réseau de leurs travaux et de leurs initiatives, pour en amplifier la portée.

 

Les citoyen.nes

C’est aussi tout.e un.e chacun.e que le gouvernement veut engager pour faire de la lutte contre le sexisme une priorité.

Face au sexisme, tout le monde doit se sentir concerné, responsabilisé et agissant.e.

 

Elina Vandenbroucke & Marie Donzel, pour le blog Financi’Elles.

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