Femmes dans la Tech, les mêmes chances que les hommes ?

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la mixité en action
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Financi’Elles s’intéresse au sujet à fort enjeu économique et social de la transformation digitale et de ses effets sur l’égalité. On a voulu s’intéresser aux chiffres de la création d’entreprises par des femmes dans la tech.

Voici en une infographie de ce qui se passe entre le moment où une fille obtient un diplôme qui l’arme parfaitement pour devenir start-uppeuse et celui où elle veut donner de l’ampleur à la boîte qu’elle a créée en faisant appel à des investisseurs. 

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Les filles sont-elles compétentes pour se lancer dans la Tech ?

En stimulant l’ambition des filles, notamment en leur donnant des rôles-modèles scientifiques et technologiques et en luttant contre les stéréotypes, la proportion des femmes en écoles d’ingénieurs a considérablement augmenté dans la période très récente, pour représenter aujourd’hui 30% des effectifs.

C’est un mieux mais la partie n’est pas encore gagnée. Cela démontre en tout cas qu’il n’y a, a priori, aucun défaut de compétences ou d’appétence des filles pour la Tech.

 

La Tech, un secteur pour toutes et tous ?

Secteur le plus porteur aujourd’hui et surtout pour demain (le rapport McKinsey&Company « Accélérer la mutation numérique des entreprises » annonce que l’économie digitale représentera, pour 2016, 5,5% du PIB, soit 129 milliards d’euros). Voici une excellente raison de choisir la Tech pour entreprendre… Pourtant seulement 9% des start-up du secteur sont aujourd’hui dirigées par des femmes.

Préférant investir dans l’économie matérielle, les femmes seraient-elles intimidées pour entreprendre dans le domaine du numérique qu’elles considéreraient comme l’univers des hommes en général et des geeks en particulier? La tech n’a cependant aucune raison d’appartenir au champs du masculin. Elle touche tous les domaines, tous les métiers et tous les territoires. Plus qu’un secteur, c’est une nouvelle approche du business, transversale et couvrant l’ensemble des domaines d’activités (de la finance au social en passant par les services, alimentation, entertainment, social business, mode, édition, formation…).

Et si finalement la transformation digitale était l’occasion inédite d’en finir avec la répartition sexuée des métiers?

 

Libérer la question financière

Woman dreaming of financial successMoins nombreuses que les entrepreneurs, les entrepreneuses ont plus souvent recours à l’autofinancement, en témoigne leur minorité à procéder à la levée de fonds dans la Tech (15% femmes contre 85% d’hommes). Le documentaire Women and Money réalisé par PWN Paris, que nous vous présenterons très bientôt, évoque comme historiquement « tabou » le thème de l’argent chez les femmes. Impliquées dans les thématiques liées au foyer, culpabiliseraient-elle au moment des levées de fonds, craignant d’hypothéquer la situation financière du ménage ?

Quelles que soient les causes des réticences à lever des fonds, il est indiscutable qu’un vrai travail sur les mentalités et les pratiques s’impose pour donner de plus grandes autorisations aux femmes à parler d’argent… Et surtout à en demander !

 

Et quand elles demandent, obtiennent-elles ?

Idea lightbulb balloon with suitcase full of moneyLes chiffres nous montrent un hiatus entre la fréquence des levées de fonds qui sont le fait de femmes et les montants qu’elles engrangent réellement. Serait-ce le fameux manque de confiance en elles dont on nous parle si souvent qui les amène à restreindre leurs ambitions financières? Anticiperaient-elles moins les perspectives de développement de leur start-up, notamment à l’international et par conséquent demanderaient-elles insuffisamment ?

Mais au fait, quand elles demandent autant que les hommes, en obtiennent-elles autant ?

L’étude « le mythe de l’employé parfait », réalisée par le collectif Catalyst, révèle que les femmes doivent demander plus souvent et plus longtemps pour obtenir ce qu’elles souhaitent. Tout le problème ne vient pas de l’ambition limitée des femmes mais pose aussi la question de l’engagement des investisseurs à leurs côtés. Et si pour stimuler la confiance en soi des femmes il suffisait de commencer par leur faire confiance ?

 

Les acteurs de la finance ont donc une carte à jouer en soutenant les femmes de la Tech, dont on recense un potentiel d’entrepreneuriat à forte valeur ajoutée dans la population, en témoignent les chiffres des diplômées et l’appétence croissante des femmes pour ce modèle de carrière.

D’un point de vue sociétal, investir dans la Tech au féminin c’est aussi participer à l’accélération de l’agenda de la mixité en étant actif là où l’intégration économique des femmes est la plus stratégique.

 

Marie Donzel et Elina Vandenbroucke, pour le blog Financi’Elles
Infographie : Clément Fontaine pour Donzel & Cie / Financi’Elles
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