Votre guide touristique « culture de la mixité » pour cet été

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des convictions et des idées la mixité en action
fearless

 

En cette veille de vacances estivales, la rédaction du blog Financi’Elles joue les guides touristiques pour vous et vous suggère plus de 15 sites porteurs de sens et d’inspiration pour la culture de l’égalité et de la mixité, de Paris à Cap Town, en passant par Kharkov, Washington ou Stockholm…

Pour changer le regard sur la finance : la sculpture Fearless Girl à New York

fearlessA quelques mètres de la bourse de Wall Street trône, depuis 1989, la statue Charging Bull, création d’Arturo Di Modica symbolisant l’esprit d’entreprise américain. Une incarnation on ne peut plus virile de la robustesse et de la détermination.

En mars dernier, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, a été installée une autre statue, Fearless Girl « la fille qui n’a peur de rien », face à ce taureau. Cette création de Kristen Visbal, co-financée par le fonds d’investissement State Street Global Advisors, a d’ailleurs fait l’objet d’une partie de la conférence de Julie de la Sablière lors du FDay. La sculpture « Fearless Girl », initialement créée pour dénoncer le manque de femmes dans les conseils d’administration, attire les foules. Cette popularité a convaincu la mairie de New York d’autoriser sa présence pour un an au Bowling Green Park.

 

Pour comprendre la situation actuelle des femmes : le Musée de l’histoire des femmes Umeå en Suède

suedeOuvert en 2014, le Kvinnohistoriskt museum est le premier musée au monde consacré à la place des femmes dans l’histoire. Il met en lumière le rôle des femmes dans les époques passées, leur place dans notre société actuelle et soulève de pertinentes questions sur l’avenir du genre (Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une femme ? Et pourquoi sont-ils différents ? Pourquoi les femmes sont-elles regardées différemment? Pourquoi ne sont elles pas rémunérées autant que les hommes?). Et le musée d’assumer un certain sens provocateur fait pour interpeler les visiteurs : on n’en ressort pas sans se poser des questions qui dérangent.

hanoiAutre musée sur l’histoire des femmes, le Bảo tàng Phụ Nữ  à Hanoï rappelle la place déterminante des femmes dans l’écriture de l’histoire du Viet Nam. Quatre axes y sont traités : « La mère vietnamienne dans la conscience nationale », « La femme vietnamienne et l’oeuvre de la construction et de la défense du pays », « L’association des femmes vietnamiennes et l’oeuvre de la lutte de la libération des femmes », « Les costumes des femmes des ethnies vietnamiennes ».

 

Pour se rappeler que nous sommes tous égaux : le Musée national d’histoire et de culture afro-américaines, à Washington

brownParce que la mémoire des violences et discriminations est indispensable à la construction de l’égalité, il est impossible de se rendre à Washington sans passer par la case Musée national d’histoire et de culture afro-américaines. Des œuvres et objets témoins du colonialisme, de l’esclavagisme et de l’histoire afro-américaine y sont présentés. Les femmes et hommes qui ont participé à cette histoire, des origines de l’Amérique au mouvement des droits civiques, y sont ramené.es sous les projecteurs. Citons par exemple Clara Brown, ancienne esclave devenue cheffe de la communauté après sa libération. Ce musée conserve également la robe portée Rosa Parks lors de son arrestation en 1955.

 

Pour une expérience à la croisée de la création artistique et de la stimulation du leadership : le musée du genre de Karkhov

Capture d’écran 2017-07-13 à 16.50.17Rendez-vous  à Kharkov en Ukraine le premier musée du genre de l’Europe de l’est, Музей жіночої та гендерної історії, traitant essentiellement de la question de l’égalité femmes/hommes et qui souhaite devenir le berceau incubateur de projets développant le leadership féminin.

Si vous n’allez pas à Karkov mais que l’Ukraine et l’égalité femmes/hommes vous intéressent, vous pouvez toujours lire le dernier album de Mylène Demongeot illustré par Bouilhac et Catel, Adieu Karkhov récit d’une jeune fille née à Karkhov et ayant milité toute sa vie pour gagner sa liberté et réussite.

 

Pour en savoir plus sur l’art au féminin : le National Museum of Women in the Arts de Washington

womenartLes femmes artistes peintres ont été longtemps écartées de l’art, reléguées au traitement de sujets dits « féminins ». Par peur de représailles, nombre d’entre elles ont préféré ne pas signer leurs oeuvres, d’autres se sont carrément fait déposséder de leurs travaux par des hommes. Le musée national des femmes dans les arts met à l’honneur leurs talents en exposant plus de 4500 créations, du XVIème siècle à nos jours. En fondant ce musée en 1987, à partir de la collection d’art qu’elle possédait, Wilhelmina Cole Holladay, collectionneuse, espérait ainsi réduire les disparités de traitements encore réservées aux femmes dans ce domaine.

Tant vous êtes de ce côté de l’Atlantique, passez aussi par Brooklyn pour visiter The Elizabeth A. Sackler Center for Feminist Art, financé par l’historienne elle-même.

Et prenez ensuite un billet retour pour l’Allemagne : à Bonn, le Frauenmuseum présente des expositions permanentes et temporaires d’œuvres de femmes. Il a accueilli, depuis sa création en 1981, les réalisations de plus de 3000 femmes.

 

Pour stimuler les ambitions des petites filles et sensibiliser joyeusement nos enfants aux stéréotypes : Le parc d’attraction Junibacken ou village Fifi Brindacier de Stockholm

fifiPersonnage créé en 1945 par la suédoise Astrid Lindgren, Fifi Brindacier est une petite fille vivant seule, rebelle et dotée d’une force surprenante. En vivant une vie libre et en se moquant du regard d’autrui, cette adorable rouquine est devenue une figure féministe encourageant l’autonomie, l’acceptation de soi et l’indépendance des filles. Le parc Junibacken donne aux petit.es et grand.es à vivre l’expérience de l’empowerment en mode ludique !

 

Pour se donner des ailes : The International Women’s Air & Space Museum

airInstallé dans le terminal de l’aéroport Burke Lakefront à Cleveland dans l’Ohio, The International Women’s Air & Space Museum a pour mission de préserver et faire connaître l’histoire des femmes dans l’aviation et dans l’espace. Le projet est né sous l’impulsion d’un groupement de femmes pilotes, The Ninety-Nines, présidé par Amelia Earhart, première femme à avoir traversé l’océan Atlantique en avion en 1932, et dont le rêve était de conserver et transmettre la mémoire des contributions des femmes dans ce secteur. Il y est régulièrement organisé des spectacles aériens et des nuits de l’astronomie pour découvrir les secrets transmis par le ciel.

 

Pour se souvenir qu’une “chambre à soi” est le début de l’autonomie d’une femme : La maison de Virginia et Leonard Woolf, dans le Sussex

monkshouseA une centaine de kilomètres au sud de Londres, se trouve le cottage Monk’s House qui fût pendant près de 50 ans la propriété de l’écrivaine Virginia et de son époux Leonard Woolf.  Visite idéale pour se plonger dans l’environnement inspirant de cette autrice libre et indépendante qui prônait la nécessité pour une femme de disposer « de quelque argent et d’une chambre à soi », mais aussi pour découvrir le groupe Bloomsbury composé d’intellectuel.les influent.es dont les époux Woolf faisaient partie.

 

Pour lire la destinée commune du féminisme et de l’anti-esclavagisme : The Irma Stern Museum, en Afrique du Sud

irmaPeintre expressioniste sud-africaine née en 1894 et fille d’allemands, Irma Stern a étudié à l’académie de Weimar avant de retourner vivre dans sa ville natale, Le Cap. Elle est l’une des premières artiste sud-africaines à avoir représenté la diversité de la population du pays dans ses tableaux et avoir brossé des portraits de Noir.es. A l’image d’Olympe de Gouges ou de la suffragiste américaine Matilda Gage, elle compte parmi ces personnalités engagées qui ont mené, en cohérence, le double combat de l’égalité entre les femmes et les hommes et de l’égalité entre tous les humain.es. Sa maison est aujourd’hui transformée en musée lui rendant ainsi hommage,et accueillant régulièrement des artistes locaux.

 

Pour booster son âme de bâtisseuse : Le « château des Dames » de Chenonceau

chenonceauConstruit par Katherine Briçonnet en 1513, complètement transformé par Diane de Poitiers et agrandi par Catherine de Médicis, le château de Chenonceau est surnommé le château des Dames. S’y sont succédé ensuite Louise de Lorraine, Louise Dupin et Madame Pelouze et le résultat est plutôt concluant: c’est en effet le monument historique privé le plus visité de France. Une exposition permanente permet d’en savoir un peu plus sur ces grandes dames de la couronne française.

 

Pour faire le plein de rôles modèles : une tournée des statues de femmes exemplaires

olympeLe Buste d’Olympe de Gouges à l’Assemblée Nationale : première femme dont le buste a été installé parmi ceux des hommes au Parlement. Pour la voir, contactez le/la député.e de votre circonscription pour qu’il/elle organise une visite à l’Assemblée. Un prétexte comme un autre pour l’interpeler sur ses engagements en faveur de l’égalité femmes/hommes !

 

quebecStatues de femmes à Québec : plusieurs statues ont été érigées en l’honneur de femmes remarquables dans la ville de Québec. Un petit rallye s’impose pour retrouver ces figures inspirantes et en connaître davantage sur leur vie et leurs actions. Retrouvez ainsi Dorimène Desjardins, co-fondatrice des caisses populaires en 1900, Marcelle Mallet , fondatrice de la congrégation des Soeurs de la Charité à Québec, le trio des militantes Idola Saint-Jean, Marie-Lacoste Gérin-Lajoie et Thérèse Forget-Casgrain qui ont combattu pour permettre aux femmes de participer à la vie politique ou encore Claire Kirkland-Casgrain, première députée québecoise élue en 1961…

jeanneEt pour finir ce fem-trip, un détour par Bruxelles, pour aller saluer Jeanneke-Pis, la soeur de Manneken-Pis. C’est pour qu’il n’y en ait pas que pour le petit gars qui fait pipi debout que le sculpteur (et restaurateur ) Denis-Adrien Debouvrie a souhaité érigé l’équivalent féminin. A retrouver entre le 10 et 12 de l’impasse de la Fidélité.

 

 

Pour trouver des lectures inspirantes et rapporter des cadeaux aux copines et copains: quelques librairies et bibliothèques féministes de par le monde 

New York: Troll hole

Londres: la Feminist library

Montréal : « L’Euguélionne », commerce baptisé au nom d’une des premières oeuvres littéraires féministes du Québéc et écrit par Louky Bersianik.

Paris : Violette and Co 

Sydney : The Jessie Street National Women’s Library, spécialisée dans la préservation du travail, des mots et de l’histoire des femmes australiennes.

Istanbul : Kadın Eserleri Kütüphanesi ve Bilgi Merkezi Vakfı, la bibliothèque des femmes et centre d’information.

Mais aussi Our Shared Shelf, le club de lecture d’Emma Watson et ses livres féministes cachés dans les transports en commun parisien.

 

 

Elina Vandenbroucke et Marie Donzel, pour le blog Financi’Elles

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