Mixité : un enjeu qui doit être partagé et nécessite un véritable engagement

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des convictions et des idées la mixité en action
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Interview croisée d’Annick Verdier (Directrice RH BNP Paribas réseaux France de 2010 à août 2017) et de Hélène Bois (Directrice RH BNP Paribas réseaux France depuis août 2017)

Pour vous la mixité au sein des entreprises, qu’est-ce que ça représente ?
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Annick Verdier : Pour moi, en tant que manager et que RH, améliorer la mixité a été un combat de longue date. C’est un enjeu clé pour la performance d’une équipe. Tout le monde semble partager cette idée, mais elle se heurte à des freins importants, conscients ou non.

Je pense être passée par diverses phases plus ou moins efficaces, mais qui m’ont convaincue de la nécessité de mener des actions concrètes et d’oublier le seul pouvoir de conviction. Ainsi, j’ai pu favoriser dans différents périmètres la mise en place de réseaux de femmes (c’est très efficace !), j’ai adhéré à l’idée des quotas pour casser le plafond de verre et mis en place un rattrapage salarial volontariste.

Hélène Bois : Annick l’a rappelé, elle a été très active pour favoriser la mixité et il y a eu beaucoup d’avancées chez BDDF. C’est un combat qu’il faut poursuivre aujourd’hui : les biais inconscients ne sont pas tous levés et il ne faut rien lâcher pour à la fois conforter les acquis et progresser encore.

Nous allons par exemple continuer à être attentifs aux égalités salariales, à fixer des objectifs de progression de la part des femmes dans les postes à responsabilité, à créer des viviers de talents pour préparer des relèves et appréhender les enjeux de la mixité des instances de direction.


Quel est l’enjeu majeur dans votre périmètre ?


Annick Verdier : J’en vois deux, qui se complètent, pour avancer vers plus de mixité dans les postes à responsabilité : aider les femmes à avoir plus confiance en elles et s’appuyer sur les hommes qui adhèrent à l’idée de plus de mixité (ils sont de plus en plus nombreux !).

Hélène Bois : Je m’inscris totalement dans cette stratégie. J’ajouterai que pour une égalité des chances entre les hommes et les femmes pour accéder à des postes clés, chacun·e doit être acteur de sa carrière pour acquérir les compétences requises. Les femmes ont encore des progrès à faire pour oser, pour prendre des risques et construire un parcours qui les amène vers les postes à responsabilité.

Quelles sont les actions prioritaires à mettre en place pour aller plus loin ?


Annick Verdier : Il faut intensifier les actions déjà en cours, notamment les formations de la ligne RH pour lutter contre les préjugés et stéréotypes. Par ailleurs, la gestion des carrières des femmes doit être encore plus volontariste.

Mais on demande beaucoup aux entreprises qui, je pense, font souvent beaucoup dans ce domaine. Or les principales actions à mener sont d’ordre sociétal : l’éducation doit changer ! Tant qu’on racontera aux petites filles des histoires de princesses qui attendent d’être sauvées…

Hélène Bois : Heureusement, le contexte sociétal change et la notion de mixité est plus évidente pour les jeunes générations. Cela rend optimiste sous la double condition de faire attention aux régressions, qui ne sont jamais loin, et de responsabiliser chacun·e, car le sujet de la mixité dans les entreprises est tout sauf un combat de femmes dans des cercles fermés.

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