Interview de Jennifer Baert, Présidente du réseau NEO d’Euler Hermes

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Jennifer BaertDepuis sa nomination à la présidence du réseau en mai 2017, Jennifer Baert n’a pas chômé : NEO a changé de nom, s’est doté de nouveaux objectifs et s’est transformé : outre le fait de s’ouvrir aux hommes, le réseau s’est déployé dans toutes les implantations du groupe à l’international.

Jennifer, que vous a apporté l’adhésion à Financi’Elles en novembre 2017 ? 

Elle traduit notre volonté d’ouverture et d’inclusion et a permis de donner une nouvelle dimension au réseau. Euler Hermes Women’s Network est ainsi devenu NEO, Network for Equal Opportunities, et s’est doté de trois missions : connect, inspire & engage – chacune mise en œuvre dans un groupe de travail et correspondant à une lettre de NEO :

Financi’Elles nous a fait bénéficier d’un effet de levier : grâce au partage d’expérience avec les onze autres réseaux membres, nous élargissons les perspectives proposées aux membres de NEO, et espérons bénéficier des meilleures pratiques. Initialement focalisé sur les actions de développement en faveur des femmes, NEO a étendu son périmètre de réflexion et d’action en s’intéressant à l’organisation toute entière. L’objectif est d’agir sur l’environnement et pas uniquement sur les individus.

NEO a créé son propre observatoire, miroir de celui de Financi’Elles. Bien entendu, le réseau est une émanation de femmes et d’hommes de l’entreprise, qui n’agit pas sur instructions de la direction. Ainsi nous avons une posture d’observation de la mixité au sein du groupe. Mais chacun sait que l’observation n’est pas pour autant passive : quand on observe une organisation, elle change. A travers NEO, nous travaillons en étroite collaboration avec la direction des ressources humaines, à l’initiative d’un large programme d’actions.

Neo1Il s’agit non seulement de réunir des indicateurs clés de la mixité pour construire une vision d’ensemble, mais également de faire remonter des observations, des perceptions. A cet égard, la consultation de l’Observatoire de Financi’Elles a une double utilité, puisqu’elle permet de recueillir les opinions des salariés de l’entreprise et de tout le secteur, et donc de se situer. N’ayant pas pu participer à la dernière consultation, nous attendons beaucoup de la prochaine.

Pourquoi avez-vous ouvert le réseau NEO aux hommes du groupe Euler Hermes ? 

Cela nous est apparu fondamental, à ce stade de l’évolution du réseau. Rester entre femmes peut avoir du sens dans un premier temps, mais ce serait une erreur à plus long terme. Les femmes regrettent suffisamment d’être exclues de certains cercles de décision et d’influence. Créer un cercle sans les hommes reviendrait à tomber dans le travers que nous critiquons. Il ne s’agit surtout pas de revanche quelconque, mais de co-construction d’une société plus équilibrée entre hommes et femmes, qui performe mieux et s’avère bénéfique à toutes et tous. Les études de Korn Ferry, entreprise spécialisée dans le recrutement, sont instructives sur ce sujet. Tous les collaborateurs, hommes et femmes, se sentent plus engagés et sont plus heureux au travail quand des femmes sont présentes aux différents échelons. Personnellement, j’aurais l’impression d’agir contre le sens de l’histoire si je ne commençais pas par réaliser la mixité au sein du réseau que j’anime. Qui plus est, il ne s’agit pas seulement de bénéfices, mais aussi de responsabilité. La responsabilité de cette société plus équilibrée incombe à tous, hommes et femmes. Ca me semblait culpabilisant pour les femmes de rester entre elles au sein d’un réseau en faveur de la mixité en entreprise. Ce n’est pas d’abord aux femmes de changer, c’est à tous d’être mieux-veillant vis-à-vis des femmes et d’identifier nos biais inconscients.

Comment NEO est-il organisé, par qui est-il piloté ? 

En termes d’organisation et de gouvernance, nous avons souhaité la structure la plus plate possible pour NEO, par fidélité à notre démarche d’ouverture et d’inclusion. Nous n’avons que deux organes, un comité de pilotage qui comprend tous les salariés du groupe, hommes et femmes, qui souhaitent s’impliquer dans NEO – on en compte trente aujourd’hui mais une quarantaine d’autres volontaires se sont d’ores et déjà manifestés – et un comité exécutif de huit personnes (6 femmes et 2 hommes) toutes issues du comité de pilotage.

Le comité exécutif restreint définit la stratégie et prend les décisions, tandis que le comité de pilotage pilote les actions qu’il met en œuvre, tout en étant également force de propositions.

neo2

On « brainstorme » tous ensemble, sachant que chaque membre actif de NEO appartient à l’un des trois piliers (Networking & Communication, Education & Development, Observatoire & Cultural Change). Quant aux membres, depuis l’ouverture aux hommes en 2017, ils sont déjà plus d’une centaine à avoir rejoint NEO. Notre volonté est de faciliter la prise de décision avec un comex restreint, tout en restant accessible aux suggestions et initiatives de terrain, qui reposent sur l’énergie et la réflexion de tous.

 

 

 

Quels sont les évènements organisés par NEO ? 

Plutôt que de multiplier les événements, nous préférons tenir une grand-messe par an, qui réunit les membres du Directoire du groupe, ainsi que le management des régions. Nous nous assurons ainsi de notre impact et de notre rayonnement. L’événement du 21 Novembre 2017, intitulé « Accelerate on gender diversity » a suscité un vif intérêt à tous les niveaux de l’entreprise. Nous voulions enclencher une nouvelle dynamique, ce qui est chose faite. Reste maintenant à transformer l’essai : nous devons continuer à conduire ce changement. Comme l’immense majorité des entreprises, le pourcentage de femmes dans les instances dirigeantes s’améliore mais reste encore faible: 17% au directoire en 2017 et 33% en 2018, en nette amélioration. En revanche, il n’y a aucune femme à l’échelon en dessous (head of region, 0 sur 8), peu de femmes dans les postes avec un P&L (11% de femmes CEOs de pays), et peu de femmes représentées dans les interventions media au nom du groupe (5%).

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de Financi’Elles ? 

Financi’Elles a accompagné NEO dans sa transformation en 2017. Nos attentes pour les années à venir sont doubles, à la fois vis-à-vis de l’Observatoire, par le biais des études sectorielles, et du Comité Réseaux. Nous espérons bénéficier des partages de bonnes pratiques entre réseaux, grâce aux initiatives nouvelles, comme les conférences thématiques et l’annuaire des intervenants externes, autant d’outils concrets pour enrichir nos plans d’actions. Et nous espérons aussi bénéficier des partenariats à l’international.

Interview conduite par Lucile Gubler, pour le blog de Financi’Elles.

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